Quand les enfants disent “Je l’ai gâché” : comment le coloriage enseigne la récupération après une erreur sans culpabiliser
Une erreur en coloriant peut sembler minime pour un adulte et énorme pour un enfant. Une couleur mal choisie, un trait qui dépasse, une page pliée, une tache au mauvais endroit,
et soudain l’ensemble de l’image paraît “mauvais”. L’enfant veut froisser le papier, le jeter ou arrêter avant que quelqu’un ne regarde de trop près.
C’est le moment qui compte le plus. La vraie tâche n’est pas de sauver chaque page. La vraie tâche est d’aider un enfant à passer de
l’alerte et l’auto-reproche vers la réparation, la flexibilité et la reprise.
Table des matières
Cet article porte sur la réaction après l’erreur : que dire juste après qu’un enfant pense que le dessin est gâché, ce qui empire le moment,
comment proposer une réparation sans pression, comment cela se manifeste selon les âges, et quand une réaction forte peut indiquer quelque chose de plus important qu’une frustration ordinaire.
L’accent n’est pas mis sur le perfectionnisme en général. L’accent porte sur ce qui se passe dans la minute qui suit l’erreur.
Idéal pour : parents, aidants, enseignants
Comprend : scripts de réparation, guide par âge, signaux d’alerte, FAQ
Ton : pratique, calme, sans culpabilisation
Le premier objectif n’est pas de convaincre l’enfant que le dessin est beau. Le premier objectif est de réduire le sentiment qu’une erreur signifie un échec total.
Pourquoi ce moment paraît si important pour un enfant
Les adultes voient souvent le coloriage comme un loisir. Les enfants le vivent souvent comme un test en direct de contrôle. Ils avaient un plan. Le plan semblait clair. Leur main a bougé différemment
de ce qu’ils attendaient. Maintenant l’écart entre ce qu’ils voulaient faire et ce qui est sur la page paraît exposé et définitif. Même quand personne ne les critique,
l’enfant peut soudain sentir que la preuve est posée devant lui.
C’est pourquoi une erreur en coloriant n’entraîne pas toujours une simple déception. Elle peut provoquer des paroles globales et rapides :
“C’est moche.” “Je n’y arrive pas.” “J’ai tout gâché.” “Jete-le.”
L’enfant ne réagit plus seulement à la marque. Il réagit à ce que la marque semble désormais dire de lui.
Dans cet état, la correction tombe généralement mal. Dire à un enfant en détresse, “Ça va,” peut sembler bienveillant, mais beaucoup d’enfants entendent :
“Tu ne comprends pas pourquoi ça te fait si mal.” Un enfant en honte n’a pas besoin d’une réassurance rapide en premier lieu. Il a besoin que le moment soit ralenti
suffisamment pour redevenir gérable.
Pas “la page est objectivement inutilisable,” mais : “L’image ne correspond plus à ce que je voulais faire, je ne sais pas comment récupérer,
et je me sens mal d’être celui qui a fait l’erreur.”
La première réaction détermine si l’enfant va vers la réparation ou la honte
Une réponse utile ne nie pas l’erreur et ne la dramatise pas. Elle fournit à l’enfant assez de structure pour rester dans le moment
sans s’y noyer.
Une voix calme, une observation simple, un rythme plus lent et une prochaine étape. Exemples : “Tu as remarqué quelque chose qui te déplaît,”
“Ce trait est allé plus loin que tu ne le voulais,” “Ne le jetons pas encore,” ou
“On peut décider ce dont cette page a besoin ensuite.”
Des éloges rapides, des corrections, des comparaisons ou de la résolution de problème avant que l’enfant ne soit apaisé.
Exemples : “Non, c’est magnifique,” “Tu dois te calmer,” “Ta sœur ne pleurerait pas pour ça,”
“Reste simplement dans les lignes la prochaine fois,” ou prendre le marqueur et réparer la page sans permission.
C’est une chance de s’entraîner à la récupération après une petite frustration. Ce n’est pas un test de caractère, pas la preuve que l’enfant est “trop sensible,”
et pas un bon moment pour une leçon sur l’attitude.
Le rôle de l’adulte n’est pas d’effacer la frustration. Le rôle est d’empêcher que la frustration ne se transforme en langage d’identité. Un enfant peut être contrarié et rester guidé.
Un enfant peut ne pas aimer la marque et rester connecté à l’activité. Cette différence compte parce que la résilience ne vient pas du fait de ne jamais prêter attention aux erreurs.
Elle vient d’apprendre, encore et encore, que les erreurs peuvent être retravaillées.
Une séquence simple de réparation qui fonctionne mieux que la discussion
Quand un enfant croit que la page est gâchée, beaucoup d’adultes se précipitent dans la persuasion. Une séquence plus fiable est :
remarquer, nommer, contenir, choisir, continuer ou clore. L’ordre compte parce que les enfants ne peuvent généralement pas accepter une réparation tant qu’ils se sentent incompris.
Remarquez la réaction avant l’œuvre. Commencez par l’enfant, pas par la page.
Dites : “Tu as l’air vraiment frustré,” ou “Tu ne voulais pas que ça arrive.”
Nommez le problème en langage concret. Restez observable.
Dites : “Cette couleur n’est pas ce que tu avais prévu,” ou “Le papier s’est froissé ici.”
Un langage concret baisse la température émotionnelle.
Contenez l’envie d’effacer toute l’expérience. Si l’enfant veut jeter la page instantanément, mettez cette action en pause.
Dites : “On peut décider dans une minute. D’abord regardons.”
Offrez un petit menu, pas un discours. Les enfants récupèrent mieux quand ils peuvent choisir parmi des options limitées.
Exemple : “Tu veux réparer, changer le plan, ou commencer une deuxième page ?”
Clôturez en nommant la récupération, pas la perfection feinte. Dites :
“Tu as trouvé un moyen d’avancer,” “Tu es resté avec une partie difficile,” ou “Tu as changé de plan sans abandonner.”
Que dire au moment exact
Les enfants empruntent le langage émotionnel aux adultes. Si l’adulte apporte de la structure, l’enfant est plus susceptible de passer de
gâché à transformé,
de mauvais à récupérable,
ou de Je ne peux pas à J’ai besoin d’aide pour cette partie.
Le changement paraît petit, mais il modifie la manière dont l’enfant vit les erreurs.
| Moment | Que dire | À éviter | Pourquoi cela aide |
|---|---|---|---|
| Couleur choisie par erreur | “Ce n’était pas la couleur que tu voulais. Tu veux la garder, la superposer, ou transformer cette partie en quelque chose de nouveau ?” | “Ça n’a pas d’importance,” ou “Cette couleur est bien, cesse de t’en faire.” | Cela valide le décalage et redonne un sentiment de contrôle. |
| Trait qui dépasse | “Ta main est allée au-delà du bord. Voyons si cela nécessite une réparation ou un nouveau plan.” | “Tu dois être plus prudent.” | L’enfant entend un événement, pas un défaut de caractère. |
| Page froissée ou pliée | “La page a changé de forme. On peut la lisser, la recoller, la découper, ou continuer avec le pli.” | “Maintenant c’est gâché.” | Cela transforme un dommage en décision pratique plutôt qu’en perte totale. |
| L’enfant veut le jeter | “On peut choisir plus tard. D’abord, posons-le sur la table et prenons une respiration.” | “Non, tu n’as pas le droit de ressentir ça.” | Cela interrompt l’élimination impulsive sans culpabiliser le sentiment. |
| L’enfant dit “Je suis nul(le) à ça” | “Là, tu traverses un moment difficile avec ce dessin. Cela n’est pas la même chose qu’être nul(le) en coloriage.” | “Ne dis pas ça,” ou des louanges qui passent outre la détresse. | Cela sépare l’identité de l’événement. |
| L’enfant se compare aux autres | “Tu regardes ta page et la leur en même temps. Revenons à ce dont ta page a besoin ensuite.” | “Tu devrais être plus comme eux.” | Cela redirige l’attention du classement vers la réparation. |
Le vocabulaire le plus utile est spécifique, peu dramatique et orienté vers l’avenir. Il nomme le problème clairement afin que l’enfant se sente vu,
mais pas de manière si dramatique que l’enfant soit encore plus convaincu que tout est perdu.
À quoi la réparation peut réellement ressembler sur la page
Toutes les pages ne devraient pas être forcées en mode sauvetage. Parfois la meilleure réparation est une seconde tentative. Mais de nombreux enfants bénéficient d’apprendre qu’il
y a plus d’un chemin après une erreur. C’est ainsi que le coloriage cesse d’être fragile et devient une pratique flexible.
Si l’enfant a choisi la “mauvaise” couleur
Aidez-le à passer du jugement au design. Demandez : “Que pourrait devenir cette couleur maintenant ?” Le toit bleu peut devenir un toit de nuit.
Le soleil vert peut devenir un soleil magique. La fleur brune peut devenir une fleur séchée en automne.
Ce n’est pas une positivité forcée. C’est de la flexibilité cognitive en langage simple : la marque est réelle, et le sens peut encore bouger.
Si l’enfant a dépassé la ligne
Essayez une réparation par confinement. Ajoutez un contour plus épais. Transformez la marque supplémentaire en ombre, herbe, halo, fourrure, fumée, pluie ou texture.
L’objectif n’est pas de cacher parfaitement chaque erreur. L’objectif est de montrer qu’une ligne dépassée ne met pas automatiquement fin au dessin.
Si la page est froissée, déchirée ou pliée
Utilisez un langage honnête. Ne prétendez pas que la page est inchangée. Dites : “Cette page a maintenant une partie froissée. On peut la lisser, la coller, la découper,
ou appeler cette version la page d’entraînement.” Les enfants se calment souvent plus vite quand l’adulte ne leur demande pas de prétendre que le dommage est invisible.
Si l’enfant veut recommencer
Recommencer n’est pas un échec en soi. La vraie question est pourquoi. Si recommencer est un rétablissement choisi après un moment difficile, cela peut être sain.
Si recommencer arrive à chaque fois que quelque chose sort du plan, l’adulte peut élargir les options :
“Tu peux commencer une nouvelle page, et d’abord voyons si celle-ci a encore un coup à jouer.”
Au lieu de demander, “Peut-on la sauver ?” demandez, “Quelle est la prochaine action praticable ?”
Cette formulation réduit la pression de rendre l’image parfaite et maintient l’attention sur la récupération.
Comment la même erreur peut apparaître différemment selon l’âge
La logique de réparation reste similaire tout au long de l’enfance, mais le vocabulaire et les attentes doivent évoluer avec le développement.
Une récupération de deux minutes pour un enfant peut être une récupération de dix minutes pour un autre. La question n’est pas de savoir si l’enfant a réagi “trop”.
La question est quel type de soutien correspond à son âge, son langage et sa tolérance à la frustration.
3–5 ans : rester concret et externe
Les plus jeunes ont généralement besoin d’un langage très concret et de choix très limités. Ils sont moins capables de séparer
ce qui s’est passé sur la page de qui ils sont quand ils sont submergés. Dites :
“Le marqueur a glissé,” “Le papier s’est plié,” ou “Cette partie a besoin d’aide.”
Offrez deux choix, pas cinq : “Réparer ou nouvelle page ?” À cet âge, la co-régulation compte plus que l’explication.
6–8 ans : nommer le plan et le décalage
Les enfants de cette tranche peuvent généralement comprendre la différence entre l’intention et le résultat. Une phrase utile est :
“Tu avais une image dans ta tête et la page est allée dans une autre direction.” Cet âge bénéficie aussi de rôles de réparation simples :
couvrir, contourer, changer l’idée, faire une pause ou recommencer. Trop d’analyse verbale peut encore les submerger, mais ils peuvent commencer à apprendre
qu’une erreur est un problème à résoudre plutôt qu’une preuve d’échec.
9 ans et plus : protéger la dignité tout en gardant la tâche praticable
Les enfants plus âgés ressentent souvent plus fortement la signification sociale des erreurs. Ils peuvent craindre d’avoir l’air enfantin, négligent ou moins capable que les autres.
Ici l’adulte doit éviter de paraître condescendant. Essayez : “Tu n’aimes pas encore comment c’est sorti. Quelle récupération a du sens ici ?”
Les plus grands répondent généralement mieux quand l’adulte respecte leur jugement tout en interrompant la pensée tout-ou-rien.
Plus l’enfant est jeune, plus il a besoin de co-régulation et de choix concrets. Plus l’enfant est âgé, plus il a besoin de
dignité, de collaboration et d’un langage qui sépare l’identité du résultat.
Pourquoi la réassurance factice se retourne souvent contre elle
Beaucoup d’adultes répondent à la détresse des enfants par des formules de confort automatiques : “C’est parfait,” “Personne ne voit la différence,”
“C’est très bien,” ou “Tu es le meilleur artiste.” L’intention est bienveillante, mais l’effet est mitigé.
Un enfant qui est visiblement contrarié par une erreur ne perçoit souvent pas ces mots comme un soutien. Il les perçoit comme un décalage.
Quand l’adulte passe immédiatement aux louanges, l’enfant peut ressentir une pression pour cesser de ressentir ce qu’il éprouve avant d’avoir traité l’émotion.
Alors une des deux choses suivantes arrive souvent. Soit l’enfant réagit davantage — “Non, ce n’est pas vrai !” — soit l’enfant abandonne l’idée d’être compris.
Aucune des deux réponses n’apprend la réparation.
“Cette partie te paraît mauvaise,” ou “Voyons ce dont cette page a besoin maintenant.”
Au lieu d’essayer d’écraser l’expérience de l’enfant avec des louanges, faites de la place pour l’expérience puis guidez-la vers l’action.
C’est cela qui réduit la honte : pas le message qu’il ne s’est rien passé, mais le message que
quelque chose s’est passé et que tu es quand même capable d’y rester.
Comment les moments répétés de coloriage renforcent la récupération après une erreur au fil du temps
Une page de coloriage réparée ne transformera pas un enfant du jour au lendemain. Ce qui compte, c’est la répétition.
Le coloriage crée un type rare de pratique parce que les enjeux sont assez faibles pour que des erreurs surviennent souvent et en sécurité.
Un enfant peut choisir, ajuster, couvrir, re-contourer, reformuler ou recommencer plusieurs fois en une séance.
Cela donne aux adultes des occasions répétées d’enseigner un schéma : remarquer, respirer, décider, réparer, continuer.
Au fil du temps, les enfants commencent à intérioriser cette séquence. Ils peuvent encore se fâcher, mais la contrariété devient plus courte et plus spécifique.
Au lieu de “J’ai tout gâché,” l’enfant commence à dire :
“J’ai besoin d’une autre page,” “Est-ce que je peux foncer et réparer ?” ou
“Je n’aime pas encore cette partie.” Ce langage est important car il est un langage de réparation plutôt que de effondrement.
Pas “Mon enfant n’est plus jamais contrarié,” mais :
“Mon enfant se fâche, reste plus longtemps sur la page, demande de l’aide plus clairement, et ne traite plus une erreur comme une preuve d’échec.”
C’est aussi pourquoi les adultes doivent remarquer et nommer le processus de récupération, pas seulement l’image finale.
Un enfant gagne plus à entendre “Tu as continué après une partie difficile” qu’à entendre seulement “Jolie image.”
La première réponse construit une compétence interne. La seconde peut rendre l’enfant trop dépendant de l’approbation du résultat.
Quand la réaction peut indiquer autre chose qu’une frustration ordinaire
Une réaction forte à une erreur de coloriage ne signifie pas automatiquement qu’il y a un problème plus large. Les enfants sont fatigués, surchargés, embarrassés et rigides pour de nombreuses raisons ordinaires.
Cependant, les motifs comptent. La page n’est pas un outil de diagnostic, mais des réactions répétées peuvent indiquer aux adultes que l’enfant peut nécessiter plus de soutien qu’un seul script de réparation ne peut apporter.
| Motif | À quoi cela peut ressembler | Pourquoi cela compte | Que faire ensuite |
|---|---|---|---|
| Effondrement tout-ou-rien | Chaque petite erreur conduit à des pleurs, des attaques contre soi ou à l’abandon. | L’enfant peut ne pas avoir suffisamment de tolérance à la frustration pour les exigences de la tâche. | Réduire les exigences, raccourcir les séances, et observer si le même schéma apparaît dans les devoirs, les jeux ou l’écriture. |
| Langage de honte prononcé | “Je suis stupide,” “Je suis nul(le),” ou “Tout le monde va se moquer de moi.” | L’enfant peut transformer de petites erreurs de performance en jugement global sur lui-même. | Répondre avec douceur, documenter le schéma, et surveiller si le même langage apparaît dans d’autres situations de performance. |
| Évitement extrême | L’enfant refuse de colorier, dessiner, écrire ou d’effectuer toute tâche où les erreurs restent visibles. | L’évitement peut s’étendre au-delà d’une seule activité. | Diminuer la pression d’exposition et envisager si l’anxiété, le stress scolaire ou des difficultés motrices font partie du problème. |
| Détresse qui ne se calme pas | L’enfant reste dysrégulé longtemps après que la page a été rangée. | L’erreur peut toucher une charge de stress plus grande, pas seulement une déception brève. | Examiner le sommeil, les transitions, la surcharge, et si un soutien supplémentaire d’un professionnel pédiatrique ou de santé mentale est nécessaire. |
Si l’enfant utilise régulièrement un langage dur envers lui-même, panique pour de petites erreurs visibles dans différentes activités, ou évite la participation parce que les erreurs sont insupportables,
le problème peut être plus large que le coloriage. L’objectif n’est alors pas une correction plus forte. L’objectif est un soutien plus large.
Que faire lorsque l’enfant veut tout arrêter
Parfois l’erreur marque la fin de la séance, et cela ne signifie pas automatiquement que l’adulte a échoué. Un enfant peut simplement être surchargé.
La question est comment terminer sans transformer la sortie en honte.
- Gardez le ton neutre. Dites : “On peut arrêter pour maintenant,” plutôt que “Très bien, alors arrête.”
- Conservez la page si possible. Mettez-la dans un dossier, sur une étagère, ou sous une autre feuille au lieu de la jeter immédiatement.
- Nommez l’état non terminé sans jugement. “Celle-ci est en pause,” ou “C’est l’essai d’aujourd’hui.”
- Revenez plus tard avec un choix. “Demain tu pourras la réparer, la changer, ou la laisser comme page d’entraînement.”
Les enfants récupèrent souvent mieux quand l’adulte laisse la porte ouverte. Si chaque page difficile est instantanément jetée,
l’enfant apprend un schéma : les erreurs font disparaître les choses. Si certaines pages sont mises en pause, revisitées ou partiellement réparées,
l’enfant apprend un autre schéma : les erreurs peuvent rester visibles sans devenir insupportables.
Ne forcez pas un enfant à finir une page en plein milieu d’une détresse juste pour prouver une leçon.
La récupération consiste à élargir la tolérance, pas à enfermer l’enfant dans le moment exact qui l’a submergé.
Des scripts parentaux à garder sous la main
Ces phrases courtes fonctionnent parce qu’elles réduisent l’évaluation et augmentent l’orientation. Elles sont utiles au moment juste avant qu’un enfant ne déchire la page,
jette le crayon ou ne dise qu’il ne veut plus jamais colorier.
- Tu as remarqué quelque chose que tu n’aimes pas.
- Cette partie s’est passée différemment de ce que tu avais prévu.
- Ne disons pas encore que c’est gâché.
- Tu veux réparer, changer le plan, ou faire une pause ?
- On peut garder ceci comme page d’entraînement.
- Tu n’as pas à l’aimer pour continuer à y travailler.
- C’est un moment difficile, pas toute l’image.
- Tu peux ne pas aimer cette partie et quand même décider de la suite.
- La page a changé. Maintenant, choisissons la prochaine action.
La logique derrière ces scripts est simple : ils maintiennent l’enfant connecté à l’agence.
La honte dit : “Je suis le problème.” Le langage de réparation dit : “Il y a un problème, et je peux faire quelque chose ensuite.”
FAQ
Dois-je dire à mon enfant que le dessin est parfait après une erreur ?
En général non. Des louanges immédiates de perfection peuvent sembler méprisantes quand l’enfant est visiblement contrarié.
Il vaut mieux nommer ce qui s’est passé et proposer la prochaine étape :
“Tu n’aimes pas cette partie. Tu veux la réparer, la changer, ou faire une pause ?”
Recommencer est-ce une mauvaise habitude ?
Pas automatiquement. Recommencer peut être une réinitialisation saine. Cela devient problématique seulement si c’est la seule réponse de l’enfant à toute imperfection.
L’objectif n’est pas d’interdire les recommencements. L’objectif est d’enseigner que recommencer est une option parmi d’autres options de réparation.
Que faire si mon enfant veut jeter chaque page “mauvaise” ?
Mettez d’abord l’élimination en pause. Mettez la page de côté et dites que vous pouvez décider plus tard. Les enfants jugent souvent sévèrement à chaud.
Une décision différée réduit le rejet impulsif et donne le temps à l’enfant de se remettre assez pour envisager une réparation ou une fin plus calme.
Dois-je réparer la page pour mon enfant ?
Seulement avec permission, et de préférence après avoir proposé des choix. Si l’adulte prend le contrôle trop vite, l’enfant peut apprendre que les erreurs sont résolues par quelqu’un d’autre
ou que la page devient acceptable seulement quand un adulte la sauve.
Et si l’erreur arrive en classe ou lors d’un coloriage de groupe ?
Réduisez immédiatement la pression sociale. Utilisez une voix douce, diminuez l’attention portée à la page et offrez un simple choix privé.
En groupe, l’enfant réagit souvent non seulement à l’erreur elle-même mais aussi au fait d’être vu en étant contrarié.
Une forte contrariété face aux erreurs de coloriage signifie-t-elle toujours du perfectionnisme ?
Non. Cela peut refléter une faible tolérance à la frustration, la fatigue, l’embarras, une surcharge sensorielle, un investissement d’effort élevé, ou un enfant qui avait un plan très précis.
Prêtez plus attention aux schémas qu’aux étiquettes. Si la même réponse de honte apparaît dans de nombreuses activités, l’enfant peut nécessiter un soutien plus large.
Quelle est la principale compétence que le coloriage peut enseigner après une erreur ?
Qu’une erreur peut être remarquée, ressentie, nommée et travaillée sans devenir un verdict sur l’enfant.
C’est le cœur de la récupération après une erreur : ne pas prétendre que le problème est insignifiant, et ne pas en faire tout un drame.
Sources (références principales)
pas par des critiques au moment de l’effondrement.
ou temporairement submergés par une tâche.
la correction ou le feedback de performance.
et apprendre des réponses flexibles plutôt que de transformer une erreur en verdict personnel.
Commentaire d’expert : le langage de récupération protège davantage l’enfant que la réassurance
Pourquoi les adultes manquent souvent la fenêtre la plus importante
La partie la plus difficile d’une erreur en coloriage n’est généralement pas la marque visible. C’est la signification interne rapide que l’enfant lui attribue.
En quelques secondes, un trait dépassé peut devenir la preuve que l’enfant a été négligent, pas assez bon, en retard sur les autres, ou soudainement exposé.
Les adultes réagissent souvent au problème visible et manquent le problème d’identité qui est en dessous. Ils corrigent la technique, louent la page, ou exhortent l’enfant à se calmer,
mais l’enfant réagit déjà à quelque chose de plus douloureux que le trait lui-même. C’est pourquoi la première réponse la plus utile n’est généralement ni une instruction ni une louange.
C’est une orientation : “Tu ne voulais pas que ça arrive. Voyons ce dont cette page a besoin maintenant.”
À quoi ressemble une réparation saine dans la vie réelle
Les parents s’imaginent parfois qu’une récupération réussie signifie que l’enfant sourit rapidement et retourne colorier comme si de rien n’était.
Dans la réalité, la récupération saine est souvent plus discrète. L’enfant cesse d’essayer de détruire la page. Il reste près de la table.
Il accepte un petit choix. Il laisse l’adulte nommer le problème sans argumenter que tout est gâché. Ou il commence une seconde page sans transformer la première en preuve qu’il est mauvais en art.
Ce sont des gains significatifs. La récupération n’est pas l’absence d’émotion. La récupération est le retour d’assez de contrôle pour que l’enfant puisse prendre une décision praticable.
Pourquoi cette compétence importe au-delà du coloriage
Le coloriage est utile parce qu’il crée des erreurs visibles et à faibles enjeux. Cela en fait un bon lieu pour enseigner un schéma dont les enfants ont besoin partout ailleurs :
à l’écriture, dans les sports, les devoirs, la musique et les situations entre pairs. Un enfant qui apprend, “Je peux faire une erreur, rester connecté, et choisir la suite,”
apprend plus que comment finir une image. Il apprend que les erreurs ne doivent pas devenir de la honte. Les parents n’ont pas besoin de mots parfaits pour cela.
Ils ont besoin de mots constants, honnêtes, et d’un rythme assez lent pour que l’enfant sente que l’erreur est réelle mais encore surmontable.